L'athénienne, réinterprétation d'un meuble antique
L’athénienne est une vasque reposant sur trois pieds au décor généralement antiquisant (pieds de lion ou de chèvre, vase antique sur la tablette d'entrejambe, palmette dans un dé de raccordement, guirlande de feuillage, frise de postes, profil dans un médaillon, etc.).
Il en existe de très luxueuses ; d’autres sont plus modestes.

Athénienne, noyer sculpté et doré, fin 18e siècle, New York, The Metropolitan Museum of Art, don de George et Florence Blumenthal, 1933

Athénienne, tilleul peint en blanc, fin 18e siècle ; Genève, musée d’art et d’histoire
C’est un tableau de Joseph-Marie Vien qui a donné son nom actuel à ce meuble directement inspiré du trépied brûle-parfum antique.

Joseph-Marie Vien, « La Vertueuse Athénienne », huile sur toile, 1762 ; Strasbourg, musée des Beaux-Arts
Une jeune femme vêtue et chaussée à l’antique procède à une offrande en versant du parfum sur un brasero qui repose sur un trépied tel qu’on en a mis au jour à Pompéi.
Dans la peinture et les arts décoratifs contemporains, les scènes se déroulant dans des temples antiques nous montrent ces trépieds brûle-parfum, parfois associés à des cassolettes comme celle posée dans la niche du mur sur cette œuvre de Jean-Restout.

Jean Bernard Restout, « Le sacrifice de Didon à Junon », huile, encre et lavis brun sur papier marouflé sur toile, vers 1772-1774 ; New York, The Metropolitan Museum of Art, fonds Van Day

Louis-Claude Porcher, tabatière, or et émail, vers 1763 ; Londres, Victoria and Albert Museum, legs de John Jones
Dans les intérieurs du 18e siècle, les athéniennes vont généralement par paires, disposées de part et d’autre d’une porte ou chacune à un angle d’une pièce.

Paire d’athéniennes réalisées d’après un dessin de Jean-Henri Eberts, pin sculpté et doré, laiton et bronze doré ; vers 1773, New York, The Metropolitan Museum of Art, don de Mme Charles Wrightsman en l’honneur de James Parker, 1993

Détail de la vasque et d’un montant en enroulement orné de feuilles d’une de ces athéniennes

Athénienne brûle-parfum, chêne et hêtre, doré et peint façon marbre, bronze doré, cuivre, étain ; vers 1775, New York, The Metropolitan Museum of Art, don de M. et Mme Charles Wrightsman