Les bureaux Louis XV

Bureau plat, bureau en pente, secrétaire… Comme les sièges, les bureaux se diversifient considérablement.
Le bureau plat – apparu vers 1700 (style Régence) – est sous Louis XV le modèle le plus courant.


Comparons un bureau plat Régence et un autre d'époque rocaille :
Regardons le plateau : aux lignes droites de la Régence, se substituent les lignes chantournées de l’époque rocaille. De même, les pieds se galbent bien plus.
Les trois – éventuellement cinq – tiroirs de la ceinture sont alignés. Auparavant, le tiroir central était en net retrait.
Devant un tel bureau prenait place à un fauteuil de cabinet (de bureau), au dossier enveloppant, confortable, destiné à une personne pouvant rester des heures à sa table de travail.
Notons la disposition des pieds du fauteuil de cabinet – un à l’avant, un à l’arrière et un de chaque côté. Ainsi, les jambes ne buttent pas sur des pieds latéraux.

Même à l’époque rocaille où la légèreté est généralement de mise, le bureau plat conserve des dimensions imposantes – entre 1,60 m et 1,80 m de large lui conférant un aspect majestueux. C’est le bureau du haut fonctionnaire ou de l’homme de négoce, attablé des heures à sa tâche. Ce bureau s’est cependant décliné en modèle plus petit, plutôt à usage féminin.
L’épouse de Carl Gustav Tessin – diplomate suédois, grand collectionneur d’art français – est représentée dans un luxueux cabinet de sa résidence d’été d’Åkerö, assise à un petit bureau plat français sur lequel est posé un cartonnier. Percé de casiers, le cartonnier permet de ranger des documents.

Le bureau en pente

Le dessus incliné se rabat pour permettre d’écrire. Cette forme est probablement née de l’habitude de poser un pupitre sur une petite table ; des ébénistes auraient penser à mêler les deux éléments.

Apparu vers 1730, le bureau en pente disparaît dès la fin du règne de Louis XV – vers 1760, à l’époque Transition. C’est donc un des rares meubles exclusivement d’une époque.

À l’intérieur, tiroirs et casiers permettent de ranger des lettres ou de petits objets.
Souvent de dimensions réduites, le bureau en pente était placé dans un salon ou un boudoir. C’était par conséquent un meuble très féminin, plaqué de superbes marqueteries de fleurs ou de laques d’Extrême-Orient. Toutes ses faces sont marquetées, il n’était donc pas destiné à être placé contre un mur.

La partie en pente peut se superposer à un bureau garni de tiroirs, alourdissant un peu la silhouette du meuble.

Lorsque la pente est double, le bureau est dit « en dos d’âne » – modèle rarissime.
La fin du règne de Louis XV voit apparaître le bureau à cylindre, que nous évoquerons dans la partie consacrée au style Transition.
Les bureaux étaient souvent fermés à clé. C’est bien entendu le cas du secrétaire dont le nom – déjà en usage au 18e siècle – indique la fonction : conserver des secrets.

Le secrétaire

Le secrétaire apparaît vers 1730. Il se divise en deux parties : une « armoire » dans la partie inférieure surmontée d’un abattant qui, une fois ouvert, permet d’écrire.
Les secrétaires Louis XV ont de belles courbes, même s’il est difficile de galber un tel meuble. En effet, pour que l’abattant s’ouvre aisément, il faut que les montants restent droits.
Le secrétaire mesure alors entre 1,40 m et 1,60 m de haut pour environ 1,10 m de large. Comme pour le bureau plat, il existe des secrétaires plus petits – moins de 1,10 m –, plutôt conçus pour les femmes.