Dordogne, épisode 3 : Monpazier, reine des bastides
Sandrine Zilli
sandrine@histoiredumobilier.com
1285. Le roi d’Angleterre, Edouard Ier, est aussi duc d’Aquitaine ; le Périgord est donc sous domination anglaise. Edouard 1er fonde la bastide de Monpazier. Bientôt, celle-ci rassemble artisans et commerçants, exemptés d’impôts et émancipés de la tutelle souvent pesante du pouvoir seigneurial.
Sous domination tantôt anglaise, tantôt française, Monpazier est rattachée à la couronne de France en 1369. C’est une des bastides les mieux conservées du pays.
Monpazier, ville nouvelle

Vue aérienne de Monpazier © Wikipédia
Du début du 13e siècle au milieu du 14e siècle – de la fin de croisade contre les Albigeois, qui affaiblit le pouvoir féodal, au début de la guerre de Cent Ans –, le sud-ouest de la France connaît de profonds bouleversements sociétaux et économiques.
C’est dans ce contexte que sont créés de nouveaux villages, les bastides – de l’occitan bastida qui évoque le fait de bâtir. Leur caractéristique : un plan strictement orthogonal – les rues perpendiculaires et parallèles facilitant l’accès à la place qui occupe le cœur du village.

Monpazier, place des Cornières
Au cœur de la bastide, la place du marché et ses maisons de diverses époques : 13e siècle pour celle de droite, 18e siècle pour celle de gauche.

Place des Cornières, halle

Halle (détail)
La halle conserve sa belle toiture et quelques-unes de ses mesures à grains. Ses piliers de bois reposent sur des soubassements de pierre, protection contre l’humidité et les rongeurs.

Au croisement d'une rue large et d'une ruelle

Carreyrou (ruelle) de Montpazier
La place est desservie par des rues charretières – de 8 m de large –, permettant d’y apporter les marchandises qui vont être vendues – lors du marché hebdomadaire ou de grandes foires.
Les îlots, eux, sont desservis par des carreyroux, ruelles particulièrement étroites.

Monpazier, porte Notre-Dame
La bastide était ceinte de remparts à l’origine entourés d’un fossé et couronnés d’un chemin de ronde. Ce système défensif a peu à peu été démantelé et, aujourd’hui, des maisons ont remplacé les hauts murs d’enceinte.
Aujourd’hui encore commerçants et artisans font vivre Monpazier. Le village n’a pas été déserté par ses habitants. Il n’est pas devenu un musée à ciel ouvert sous le coup du tourisme de masse, sans pour autant négliger ce pan de l’économie moderne.
Le Bastideum propose un parcours immersif et ludique qui permet de mieux comprendre la vie dans une bastide au Moyen Âge.
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